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EMPIRE (2022-2024)

> JOURNAL DE BORD A VENIR

L'empire se dresse et affirme sa verticalité, son échafaudage, les tensions de son déploiement. Le cadre de son existence nous permet de voir son début et sa fin. 

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A Storm in the Rocky Mountains, Mt. Rosalie”, Albert Bierstadt, 1866

La genèse de ce projet s’inscrit comme un cheminement, une légère errance que nous avons faite à l'intérieur du terme empire choisi comme titre, pour ce qu'il évoque : organisation, système, expansion, verticalité, chute. Le judo et la contredanse anglaise se sont imposés comme des formes évidentes à même de manifester ces mouvements dynamiques, et se sont invités, dès lors, à la table des réflexions, jusqu’aux rencontres, temps de dialogues et de pratiques avec les judokas Guillaume et Serge Bertrand et avec Cécile Layle, spécialiste de Contredanse anglaise.

 

Dans un souci de recherche partagée, chaque interprète a également été invité à convoquer les références physiques qui ont durablement marqué leur désir de danse.

 

Des combinaisons spatiales de groupe de la contredanse, au secret d’individuation de la référence, en passant par la relation duale impliquée par le judo, nous travaillons à fabriquer des espaces, bâtir des empires, et précipiter leur chute. De nos formes vers l'informe et vice versa, nous agençons et réagençons les éléments, combinons les motifs, glissons d’une forme à l’autre. La dialectique de l’agencement et de sa déconstruction articule l’ensemble des choix que nous faisons au plateau. Nous nous glissons dans les interstices laissés parfois vacants entre une structure qui n’est pas encore déconstruite et une nouvelle forme en train d’advenir. 

 

Habiter le cœur des questions que nous posent cette intuition de création :

 

Peut-on regarder un empire depuis sa chute, alors que celle-ci n'est peut-être pas tout à fait terminée ?

 

Peut-on déjouer le pouvoir des autorités et des héritages logés en nous ? 

 

Il apparaît que s'extraire d'un ensemble comme chercher la règle qui permettra d'établir cet ensemble, demeurent deux projets actifs mettant en perspective tant leur désir que leur avidité. Se saisir alors de quelques brèches, de certains retards, étirements, inadéquations et sur ces malentendus lancer de nouvelles hypothèses.

 

Hypothèses depuis lesquelles nous invitons Marie Reverdy, dramaturge, Hervé Mazurel, historien des affects et des imaginaires, Elise Péroi, artiste textile/plasticienne, Julien Cernobori, anthropologue/podcasteur, Laurie Bellanca, bibliographe, à accompagner les différentes entrées de notre réflexion, à y circuler librement, à les visiter, à les entreprendre. Une constellation autonome, et un voisinage complice à cette création.

 

Ces hypothèses, ces territoires, ces brèches, nous les visitons également depuis le plateau. Ce sont des territoires presque inconnus un instant, à peine visibles : mémoires collectives ou individuelles, héritages incorporés, enregistrés... Ils rebondissent les uns sur les autres, s'auto-alimentent, se relancent, se déposent, ou disparaissent avec une détente ; par la pulse qui structure cette pièce – pulsation, vibration, battement, groove – qui nous permet de rentrer partout, de circuler partout ; rien ne s'y accroche vraiment et pourtant tout est là.

 

Cette détente joue sur les formes, les rend visibles et les convoque sans volonté de les faire parler. Ces formes et références restent disponibles autant pour les gestes des danseur.euse.s que pour le musicien live, ou encore les spectateur.ice.s en train de les découvrir. Elles sont une proposition à considérer, un axe à partir duquel nous pouvons sans cesse agencer, transformer.

 

Nous le ressentons : nous avons plaisir à être porté.e.s, tenu.e.s, traversé.e.s par ce foisonnement sous nos pieds, plus ou moins décidé. Ni maître.sse.s du jeu, ni soumis.e.s à la règle, juste entre les deux. Construire et déconstruire, émerger et disparaître, agencer et réagencer, remplissent la même fonction désirante. Nous sommes vecteur.ice.s, déchargé.e.s, déhierachisé.e.s, jamais installé.e.s. La modalité de nos présences et des relations que nous écrivons se trouveraient plutôt entre sème et flux.

 

Décentrer nos usages d'invention et d’écriture, déplacer nos habitudes de regard et nos habitudes de faire, est pour nous constitutif du projet. A la rencontre d’autres lieux et d’autres pratiques que celles que nous occupons habituellement, parvenir alors à se saisir de ce qui nous saisit, dans le sillon de nos curiosités physiques.

CALENDRIER DES RESIDENCES

// 19 au 30 juin 2023

EMPIRE / Charleroi Danse

 

// 10 au 24 mars 2023

EMPIRE / L'Usine Centre national des arts de la rue et de l'espace public Tournefeuille / Toulouse Métropole

// 7 au 11 novembre 2022 

EMPIRE / Durfort

// 26 septembre au 1er octobre 2022

EMPIRE / Dojo Lézat sur Lèze

// 12 au 23 septembre 2022

EMPIRE / Durfort

// 7 au 12 mars 2022

EMPIRE / Dojo Lézat sur Lèze

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