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D'une montagne à l'autre

JOURNAL DE BORD

LE PROJET

 

Situé entre plaine toulousaine et chaîne pyrénéenne, « D’une montagne à l’autre » se pense à partir de la question d’un patrimoine naturel (géographique, géologique) et immatériel (affectif, culturel).

Il s’inscrit dans la continuité de notre parcours et s'appuie sur le laboratoire de recherche mené depuis deux ans.  Faire de la danse elle-même « un lieu d’accueil » (ouvert) à d’autres façons de percevoir, d’autres langages, d’autres pensées, d’autres récits.

 

Ce projet se concentre à chaque fois sur un lieu de présence, ouvre un lexique de relations, et s’emploie à créer, à partir des matières issues de ce territoire, des espaces de face-à-face, de coexistences, de circulation entre corps, savoirs, pratiques et paysages . Il se concoit ainsi dans l ‘écriture de créations situées et se travaille avec l’ensemble de l’équipe de La Zampa.

A partir de ces ancrages, d ‘une montagne à l’autre, articule des points de vue, impulse des conditions de mise en lien et de coopération entre expérimentation, médiation, création, diffusion, et donne lieu à une circulation d’un ensemble de performances et de mises en jeu se recomposant selon l ‘histoire et la topographie de chaque (espace ?)

 

Comment poser le regard sur nos héritages naturels et culturels sans les figer ni les folkloriser ?

 

C’est dans ce cadre que nous pensons le mot territoire ; plutôt que de le définir ou de le cartographier, nous nous attachons à faire territoire, c’est-à-dire à créer un voisinage de sensibilités, de préoccupations, d’attentions.

Dessin 1 : montagne voisinage

La montagne, parfois préservée ou isolée par la modernité, a développé des pratiques de solidarité, de transmission et de sobriété face à la transition écologique. Pourtant, ses savoirs souffrent d'un manque de reconnaissance, coincés entre préjugés et idéalisation, et il est difficile de sortir de ce schéma.

Parler aujourd’hui d’un patrimoine, intime ou collectif, d’ici ou d’ailleurs, ancien ou plus contemporain, est une aventure car la problématique est à la fois de maintenir l’intégrité de ces patrimoines sans pour autant les enfermer par crainte de les dénaturer.

L’enjeu central réside alors dans une écriture des liens, des polyécritures conçues à partir des différentes sources de documentation et différents langages artistiques qui nous permettent de faire entendre, voir et sentir les attachements, les tensions qui traversent un territoire, ainsi les transporter dans leur temporalité, les projeter dans d’autres lieux, les croiser, les rendre visibles dans leur problématique et leur évolution.

La notion d’héritage, déjà abordée auprès d’un historien lors de notre précédente création, ouvre aujourd’hui un champ de réflexion sur l’héritage à partir du sol naturel et culturel, en tant que support du « visible » mais aussi archive d’éléments « invisibles ». Elle nous conduit vers une lecture/interprétation des trajectoires entre les sociétés et leur environnement, et vers de nouvelles collaborations  

 

PARTENAIRES

Ce projet se construit aux côtés du territoire pyrénéen, des sites naturels,des habitant.es, du CADA, du club sportif de la Vallée de la Lèze, de l’association la Bethmalaise, des lieux de diffusion, du géologue Baptiste Lepillier et auprés de 3 partenaires :

Centre international des montagnes du sud (CIMES) : groupe d’intérêt scientifique porté par l’université Jean Jaurès Toulouse.

La ville de Saverdun en Ariège.

La scène nationale de Tarbes.

Ensemble, nous partageons une problématique commune, à savoir la circulation, la transmission des contenus : comment les mettre en partage, mais plus précisément comment les contenus peuvent être accueillis par les divers publics. Nous partageons cette volonté d’inventer et d’explorer les relations entre les œuvres et les publics : articuler, impulser et créer des conditions d’écoute et des espaces de coexistence.

LE PROCESSUS

sols naturels et sols culturels constituent le socle de nos recherches.

 

Phase 1 : L’étude des sols et l'imaginaire géologique

 

Nous avons choisi d’entrer dans ce projet par l’étude des sous-sols, en travaillant d’abord aux côtés d’un géologue avec qui nous apprenons à lire le paysage et à comprendre ses trajectoires sur le temps long, associé à des mouvements souterrains. Les souterrains nous permettent d’ouvrir un imaginaire car ils sont lointains, complexes, fascinants et, d’une certaine manière, ils abolissent les limites, les questions de frontière, d’appartenance ; ils créent une forme de continuité, ils permettent de circuler et de faire circuler la notion d’héritage.

Texte : La chambre d’écho

 

CALENDRIER

[BLOC VISUELS SOUS-SOLS] :

  • Visuel des sous-sols (Baptiste manuscrits 2025-03-23_094522.jpg depuis Google Drive)

  • Mondes souterrains (4 visuels : Jules Verne, coupe terre, coupe montagne et mondes imaginaires)

 

 

Visuels sous-sols et imaginaire géologique

Visuels Rencontre et visite des sites naturels notables avec Baptiste Lepillier

Phase 2 : La mise en perspective des usages culturels

 

En remontant petit à petit à la surface avec des géographes, des architectes du paysage, des anthropologues et un spécialiste du patrimoine vivant, cela fait remonter la question des héritages culturels.

Ici commence la question de la transformation des socio-écosystèmes

Celle ci implique une notion très importante, à savoir : identité, fierté, légitimité d’un territoire face aux flux, face à une modernité.

C’est précisément cet enjeu que nous partageons avec le CIMES, qui se propose de répondre aux enjeux de transformation et de durabilité des socio-écosystèmes, aux problématiques socio-économiques spécifiques aux montagnes du Sud, aux héritages socio-environnementaux, aux identités collectives, aux recompositions territoriales, aux évolutions des politiques publiques et des modes d’habiter, ainsi qu’aux conflits d’usage.

Ce dialogue documenté nous offre un nouvel appui dynamique et nécessite de la précision sur ce qui nous porte : réalités géologiques et géographiques, sociologiques, afin de sortir de ces héritages comme archives, constats, et de pouvoir entrer dans le vif des termes – assignation, tradition et transformation.

 [EMPLACEMENT VISUEL] Dessin 2 : montagne écosystème

 

[EMPLACEMENT IMAGES] Photos à intégrer : sabotier, Bethmale, judo, CADA.

CALENDRIER

Bethmale, pratiques, paysages et ateliers

Atelier au CADA de Carla-Bayle

Phase 3 : Une écriture des liens

 

Nourrir un imaginaire collectif — écouter ce qui circule sous et sur la surface.

À partir de la rencontre des corps, des savoirs, des usages de ce territoire, par différentes formes d’ateliers, de conversations-conférences, master classes, de résidences, nous prenons le temps de déplier les contenus, d’en explorer les ramifications et de partager les différentes strates qui les composent. Ici s ‘ouvre la question des récits et de leur côtoiement.

Nous sommes attachés aux récits, à leur absence, leur transformation, leur préservation, leur possibilité d’être déplacés et ré-enracinés autrement, ailleurs. Ce sont les récits personnels et culturels, posés, déposés, traversés, enracinés dans ce sol naturel qui sont en jeu, et qui ouvrent une arborescence. Ces récits deviennent notre point d’accroche, une dramaturgie d’écriture.

 La problématique est toujours la rupture des récits, leur incompréhension, la croyance que nos vies ne peuvent pas en croiser d’autres, qu’il n’y a plus d’aventure, donc plus de curiosité.

Notre expérience de projets en territoire nous apprend comment les traces posées avant nous peuvent se remettre à parler : il faut leur redonner la parole, re-pointer ce « début », reprendre le récit, le mettre au présent, en perspective, c’est-à-dire mettre de l’espace à l’intérieur d’un sujet. Cet espace est la condition qui permet une écriture.

 

La  place de la danse

 

Sur ce grand territoire, la danse contemporaine pourrait être considérée comme l’une des composantes, mais elle a, comme au niveau national, un souci de visibilité, de réception, d’adhésion, d’intérêt ; son écosystème est fragile, menacé. L’enjeu est de la relier, de l’inscrire et de la ré-enraciner dans une préoccupation, une sensibilité, un récit collectif. Et au-delà des espaces de diffusion, de visibilité, c’est comprendre à quoi se rattache la danse. Il nous faut activer des façons de lire la danse, c’est-à-dire de la légender.

Le corps dans la réalité de ces espaces et de ces milieux change d’échelle et sa légende demeure à redéfinir. Ainsi la danse ne doit pas être une illustration, un divertissement, une posture intellectuelle ; mais devenir l’écho, un outil perceptif de lecture donnant la possibilité d’appréhender et de mettre un sujet en jeu. Pour cela, c’est avant tout être précis sur le contenu afin de pouvoir — par la présence des corps, de leur matière, de leur geste, mais aussi aux côtés de l'image, du texte, de la musique — mettre de l’espace ; ouvrir, transgresser, renforcer, percuter, épaissir, renverser et revenir dans le sujet par d’autres angles, d’autres sensations.

Tisser des relations, créer des côtoiements avec les principes :

  • Dessin : croiser

  • Garder de l’espace dans le sujet (dessin roue)

  • Autonomie de la source (dessin bloc)

  • Face-à-face des matières (bloc qui se serre)

Dessin éponge avec épaissir, percuter, etc. (à scanner)

CALENDRIER

LA RÉSIDENCE VERTE

un accélérateur d’action

 

Elle nous amène à développer concrètement une approche de création racinaire, contextuelle et modulaire.

 

Racinaire

Cette attention portée au geste d’invention et à la manière d’aborder un sujet par ses angles multiples permet d’envisager les différentes ressources — naturelles, chorégraphiques, littéraires, dramaturgiques, anthropologiques, sociales, historiques, politiques et scientifiques — comme des possibilités de collaboration et d’écriture en arborescence, ancrée, pointant un commencement et un développement possible.

 

Contextuelle

C’est-à-dire située. Nous sommes très attachés à la question des contextes : celui à partir duquel le geste naît et celui dans lequel le geste sera vu et partagé.

·     Faire en sorte que le projet montré ait du sens à l’endroit et au moment choisi.

·     Depuis quel axe l’écriture, la forme sera lue ?

·     À qui nous adressons-nous ? Qu’est-ce qui relie la forme au moment et à l’espace dans lequel elle est proposée ?

·     Comprendre ce qui fait lien entre un sujet et un milieu et comment, des deux côtés, cela se côtoie, se tient, s’adresse, se transmet et se ressent.

·     Une écriture qui se nourrit des contextes et des environnements. Endogène, qui compose avec ce qui est là.

·     Une interaction avec le réel, qui nous permet d’interroger les modes de représentations dans des espaces multiples (médiathèques, librairies, salles des fêtes, de conférences, de concert, campus universitaires, espaces naturels, dojos, pharmacies, cinémas, galeries, sites patrimoniaux, plateaux de théâtre, centres d’art, refuges de montagne...

 

Il est donc question de proximité, de soin dans les enjeux de représentation en invitant les habitant·e·s et les publics à faire l’expérience de la création à travers cette hospitalité artistique.

 

Modulaire

Sur mesure, adaptée, adaptable. Aux côtés d’une équipe nous créons un écosystème de projets et un écosystème de formes. Une Écologie de projets vertueuse, qui se répondent, s’alimentent, dans une économie d’échelle.

 

Cette approche permet une proximité dans les processus d’écriture ainsi qu’une proximité de lecture et de réception.

 

CALENDRIER

LES FORMES CRÉÉES

  • La création de 4 courts-métrages : fictions dansées réalisées par Anna Vanneau, danseuse de la compagnie, autour du projet "D’une montagne à l’autre", participant également à la circulation des œuvres et des récits dans les cinémas.

CALENDRIER

Le Point Zéro - tournage dans la Vallée du Bethmale

 

 

Le Point Zéro - Ensemble 3, carrière de marbre de Moulis

 

 

  • La création et l’exposition des « portraits dépaysagés » : de Joseph Kraphf, danseur de la compagnie, fruit d’un travail au long cours mené par immersion au sein de différentes communautés, ouvrant un autre espace de visibilité pour la danse (portraits d’habitants inscrits dans leur environnement, pourtant défaits d’une certaine appartenance).

 

Portraits dépaysagés - Vallée du Bethmale, Joseph Kraft

Portraits dépaysagés - Vallée du Mas d’Azil, Joseph Kraft

 

  • La création d’un corpus, d’une bibliothèque de textes : qui permettront de donner une entrée, un relief, une arborescence à la danse.

  • Un ensemble de formes chorégraphiques situées.

Carte blanche D’une montagne à l’autre avec le groupe La Bethmalaise à L’Estive

 

TRANSFORMATION

écologie de production et de diffusion

Une redéfinition de notre démarche

La transformation que nous opérons dans le cadre de la résidence verte nous engage dans un fonctionnement qui modifie et agit sur les modes de fabrication, de création, de production et de diffusion des œuvres chorégraphiques. Cela implique concrètement de revisiter les termes création, médiation, diffusion — de les désacraliser, les déplacer dans leur fonction.

Diversifier, revivifier les rapports de lecture de la danse

En cherchant les différentes entrées (intuitives, empiriques, documentées), nous ouvrons les champs d’écriture aux côtés de la danse et vers la danse en utilisant d’autres langages, d’autres situations et d’autres sources. Ses matières, on s’emploie à les mettre en relation, à les faire dialogue sous différentes formes et formats, ainsi à rendre les espaces perméables, à favoriser la circulation entre sphères artistique, sociale et institutionnelle.

La proximité des relations

Produire s’avère être le fruit d’une manière renouvelée d’envisager des coopérations variées auprès de champs de compétences à croiser et à mutualiser. L’enjeu est de créer des ponts cohérents, parfois inattendus, entre les collaborateur·rice·s, structures, partenaires et publics. Par l’agrégation de moyens humains, d’espaces et de sujets communs, nous tentons de bâtir des conditions d’expérimentation, de création. Ces ponts permettent d’élargir les publics et d’entrer en lien avec de nouveaux espaces de diffusion et constituent l’un des enjeux majeurs de la relation aux œuvres que nous souhaitons développer. Création et diffusion prennent dès lors une autre dimension.

Modifier les cadres de diffusion

La diffusion est sans cesse interrogée dans ses formats et ses adresses, par des écritures nous conduisant dans de multiples situations avec une équipe aux visages pluriels et auprès de publics expert·e·s ou non averti·e·s. Celle-ci se transforme, à la lisière de l’enjeu de représentation, de la valorisation d’étapes, du face-à-face et d’expériences situées et partageables, et considère que les territoires multiples de nos temps de travail sont autant d’occasions d’invention et de liens possibles. Ces temps et ces espaces intermédiaires sont de véritables possibilités d’écriture et de représentation.

Un nouvel écosystème de partenaires

Ces restitutions ne constituent pas des aboutissements isolés, mais des étapes inscrites dans un processus plus large, contribuant à une présence artistique durable et située. Ce travail s’inscrit dans une dramaturgie de production et de diffusion pensée comme un processus vivant, que nous engageons dans le projet "D’une montagne à l’autre".

La mise en relation avec d’autres partenaires est déjà en cours. Le GIS CIMES compte parmi ses membres des acteur·rice·s majeurs du massif des Pyrénées et entretient des collaborations au service de la montagne : les Parcs naturels régionaux des Pyrénées ariégeoises, du Haut-Languedoc et des Pyrénées catalanes, le Parc national des Pyrénées, le Commissariat de massif, l’Agence des Pyrénées ou encore l’Observatoire pyrénéen du changement climatique, pour n’en citer que quelques-uns. Les restitutions prennent des formes multiples : elles se conçoivent avec les lieux et à travers des performances situées.

Une Écologie de projet à l’intérieur d’une équipe

En effet, plutôt que de penser la création uniquement à travers l’objectif d’un spectacle destiné à être présenté dans un théâtre, nous choisissons de cheminer à travers différents paysages et environnements, qu’ils soient naturels, artistiques, politiques, et de nous ancrer davantage dans le processus d’écriture lui-même. Nous prenons le temps de déplier les contenus, d’en explorer les ramifications et de partager les différentes strates qui les composent. Creuser un sujet, ouvrir les imaginaires, comprendre comment un mot, une notion ou une question circule, résonne et se transforme : voilà ce qui guide aujourd’hui notre travail. Cette démarche est une construction patiente qui met ainsi au premier plan les rencontres qu’appelle le geste de création.

Dans ce cadre, les moyens de créer, produire et diffuser se trouvent dans le présent, dans la circonstance. À la fois continue et fragmentée, la projection n’est plus une progression vers un but final : elle se construit en strates, en épisodes, en ramifications, activant différents rapports entre création et diffusion.

Un renouvellement de notre métier, en le pensant dans et comme un écosystème vivant, circulant à travers les silos, les spécialités et les réseaux, traversant les secteurs sans perdre son exigence.

Cette manière renouvelée de nous positionner face à un sujet et à la problématique de la visibilité de la danse accroît la plasticité des approches déjà présentes au sein de La Zampa, mais qui cherchaient encore comment passer de l’intention à l’opérationnel.

Ainsi — itinérance, immersion, adaptation, observation — permet de travailler sur un écosystème de projets porté par l’ensemble de l’équipe : s'emparer des outils, des sujets, des problématiques fait émerger les compétences, aspirations et regards de chaque membre de l’équipe, que nous avons toujours cherché à valoriser.

 

 

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