Daisy Cutter est le nom d'une bombe, une des plus meurtrière qui soit. Son impact est pensé dans les moindres détails, ne laissant aucune chance, aucun chant d'Orphée ne peut s'y imposer. Une autre perception de la collision est-elle envisageable?
Le corps dans sa brutalité et son renouvellement fait partie de notre identité.
Nous savons qu'au plus profond de nous la collision est omniprésente.
Sur la mer houleuse de la contingence, la longue course du vivant est une succession, imprévisible, d'accidents étranges, terribles ou merveilleux. » JC Ameisen (la sculpture du vivant)
En jeu, quatre femmes pressentent cette expérience imprudente.
Entre surface d'émission et de réception, les corps sont convoqués, y puisent un langage et maintiennent l'énigme.
Planifiée, la collision est attendue, dévastatrice.
En dehors de toute finalité, ce rendez-vous modifie les évènements et crée de nouvelles géographies.
Un milieu instable, à l'oeuvre dans l'émergence des formes est précisément ce que nous cherchons.
Magali Milian et Romuald Luydlin
Daisy Cutter
Ce serait d'abord un paysage lunaire, lacunaire, moléculaire. Un inquiétant relief de lignes et de tumeurs parcouru de lumières. Puis ce seraient quatre corps, quatre principes aléatoires envahissant ce territoire, déplaçant ses points d'appui, transformant ses bulles imaginaires de l'intérieur. Quatre corps lancés à travers l'espace, révélant des failles, creusant des aires de turbulence, de calme : des zones où se laisser glisser, dériver. Où murmurer, se cacher, chanter. Quatre silhouettes gagnées par un sentiment d'urgence, de danger – aux prises avec le vertige, la joie de s'élancer, de déraper, de se tendre.
Daisy Cutter est un nom, un sourire dans la pénombre. À la surface de la scène, les images ne cessent de vaciller, les figures qui émergent laissent flotter le sens sans jamais le figer. Comme les interprètes qui se singularisent, révèlent leur visage, aiguisent leur présence avant de se refondre dans le flux – la scène peut se retourner comme un gant. Livrer une vision des tensions, des affolements, des torsions intérieures. Ou évoquer des surfaces, des lignes, des constellations. Entraîné par les corps, agité par des voix, bousculé par des sons, l'espace se transforme progressivement. Immobile comme une forêt, il devient clairière, toile d'araignée, enchevêtrement de synapses tendues, de nerfs à vifs.
Daisy Cutter est une voix, est une femme, un horizon. Est un combat, une combinaison de formes. Une pièce cherchant à se rapprocher d'une lisière – qui ne serait pas celle de la violence, mais plutôt de l'avant, de l'après, de l'entre-deux : les plissements qui suivent un tremblement de terre. L'appel d'air qui précède l'explosion. Quatre femmes – peut-être une seule, peut-être beaucoup plus – qui s'aventurent sur ce bord accidenté, courent jusqu'à prendre leur image de vitesse, freinent le temps pour s'y réfugier. Et laissent résonner derrière elles l’écho d’un Je suis – comme une affirmation, un défi ou une énigme – le bégaiement du sens à la surface de la peau.
Daisy Cutter est une bombe dont l'explosion ne se fait pas entendre.
Une carte du ciel aux étoiles nomades.
Un ring de boxe pour spectres combattifs.
Gilles Amalvy
Chorégraphes Magali Milian, Romuald Luydlin
Interprètes Lia Dimou, Solène Garnier, Vilma Pitrinaité, Hélène Rocheteau
Musique Patrick Codenys
Vidéo Bruno Geslin, Romain Tanguy
Scénographie Marc Lainé
Création Lumière Pascale Bongiovanni
Réalisation, régie son Valérie Leroux
Régie générale Daniel Gimenez-Frontin
Production déléguée: Compagnie la ZAMPA
En coproduction avec le Théâtre de Nîmes, DSN - Dieppe Scène Nationale, le Merlan Scène Nationale à Marseille, l’Estive - Scène Nationale de Foix et de l’Ariège, Scène Nationale d’Albi, le Parvis Scène Nationale de Tarbes-Pyrénées.
Avec le soutien de l’Association Beaumarchais/SACD.
Avec le soutien du Centre de Développement Chorégraphique de Toulouse Midi-Pyrénées dans le cadre du projet « IN VIVO »,GMEA-Centre National de Création Musicale d’Albi-Tarn, l’ADDA du Tarn, la Mission Départementale de la Culture de l’Aveyron et avec le partenariat du Studio de Faragous (lieu de création).
La Zampa reçoit le soutien du Ministère de la Culture et de la Communication/Direction Régionale des Affaires Culturelles Midi-Pyrénées (Aide aux Compagnies), du Conseil Régional Midi-Pyrénées (Convention triennale), du Conseil Général de l’Ariège (Aide au projet) et de la Ville de Pamiers.