la zampa

magali milian romuald luydlin

English

Dream On Track 1 (2005)


La nature « nous fait signifier qu’elle ne peut pas nous laisser longtemps ce peu de matière qu’elle nous prête (…) Elle en a besoin pour d’autres formes, elle la redemande pour d’autres ouvrages. »
Marquis de Sade, Juliette ou les prospérités du vice

 

Chorégraphie Magali Milian et Romuald Luydlin
Avec Magali Milian
Assistant Loran Chourrau
Musique Patrick Codenys, PJ Harvey
Création lumière Pascale Bongiovanni
Réalisation et régie son Valérie Leroux
Scénographie Pascale Bongiovanni, Romuald Luydlin, Magali Milian

 

Partenaires

Coproduction CDC Toulouse/Midi-Pyrénées

Résidence de création Printemps de la Danse/Villebois

Avec le soutien pour le prêt de studio Centre National de la Danse/Pantin, Théâtre d’Angoulême – Scène Nationale

Merci au Ballet National de Marseille

En compagnie de l’ADAMI – Avignon OFF – Parcours de création 2006

Dans le cadre de sa diffusion à New York la zampa a bénéficié du soutien du Service Culturel de l’Ambassade de France et de la convention AFAA-Ville de Toulouse

La Zampa reçoit le soutien du Ministère de la Culture et de la Communication / Direction Régionale des Affaires Culturelles Midi-Pyrénées (Aide aux Compagnies), de la Région Midi-Pyrénées (Aide au Projet), du Conseil Général de l’Ariège (Aide au Projet) et de la Ville de Pamiers

Presse

DANSER (SEPTEMBRE 06)

Corps Violents
Dans Dream On Tracks 1 et 2 , Romuald Luydlin, tout comme la gestuelle, semble tout droit sorti des Possédés de Pasolini et met volontairement mal à l’aise. Là réside tout l’intérêt de ce solo qui associe narcissisme et barbarie totalitaire, laisse à réfléchir sur la perversité de tout système clos, qu’il soit individuel ou collectif. La réflexion continue avec Magali Milian qui, après avoir fait exploser une bouteille de verre, s’éclate, presque littéralement, sur scène. Ces deux solos non sans maladresses disent quelque chose de notre présent et de la façon dont notre rapport au corps et aux autres se modifie subrepticement. Ici, il ne s’agit plus de violence faite au corps, mais de corps violents. De ceux que l’on craint qu’ils n’explosent à vos côtés.

Agnès IZRINE

 

 

LIBERATION (Mars 2006)

Queer ou à fleur de peau, le festival Visu proposé par la Scène nationale de Dieppe (DSN) aborde la danse et, plus largement, le spectacle vivant et les arts par le petit bout de la lorgnette. Concentré sur la question des représentations du corps, Visu explore, de manière radicale mais aussi festive, des territoires peu défrichés et invite essentiellement de jeunes auteurs de toutes nationalités.
Sauvagerie. Cette année, Jérôme Lecardeur, directeur de DSN depuis 2000, cite Paul Valéry, «ce qu’il y a de plus profond dans l’homme, c’est la peau», et en profite pour la montrer dans tous ses états, qu’il s’agisse des modèles d’Olivier Goulet issus de sa collection «SkinBag» en synthétique, de massages ou des touchers entre Boris Charmatz et Raimund Hoghe.
La Zampa, compagnie installée en Ariège, habituée du Centre de développement chorégraphique de Toulouse comme de DSN, présentait Dream on (track 01 et 02), création composée de deux solos, l’un de Magali Milian, l’autre de Romuald Luydin. Ces jeunes gens ont une sauvagerie et une audace déroutantes. Travaillant au croisement des arts plastiques, de la scène electro et de la vidéo, ils s’engagent sans retenue. Le premier solo commence par un bris de glace. La danseuse, dans un grand plié, s’élève au-dessus des éclats. Essayant de dompter une agitation intérieure, elle ôte brusquement le haut de son justaucorps. Projetée dans l’espace, elle dessine aussi de curieuses figures, devenant femme hippocampe.
Romuald Luydin est plus rude. Chaussé de bottes, en slip et torse nu, il campe un personnage mécanique, tranche l’espace pour trouver sa propre forme. Il est tendu, à la recherche de l’abandon. Ces deux solos sont à l’image du festival, sans point final. (…)

Marie-Christine VERNAY

 

 

DANSER (January 2006)

« Une fleur du mal »
La violence fracassante de son entrée méduse les spectateurs qui, pendant les vingt minutes qui suivent, vont rester suspendus, dans un silence de mort, à ses gestes, ses soubresauts, ses replis et ses repos. Avec Dream On Track 1, Magali Milian impose ses qualités de danseuse en pleine maturité et un talent de chorégraphe qui pointait dans les pièces précédentes de la compagnie La zampa, dont elle partage la direction avec Romuald Luydlin. A demie nue, surexposée dans la lumière, elle tombe à l’intérieur d’elle même, bien au-delà de la peau satinée, du dessin ferme du corps, au-delà d’un érotisme attendu de cabaret, et laisse monter par assauts, une monstruosité qui paraît l’effrayer elle-même. Le visage se déforme, la chair se contorsionne, explose dans une gestuelle hystérique, dont la maîtrise fait apparaître la laideur inquiétante d’un « autre » sans détruire totalement la séduction de l’anatomie ou la délicatesse de certains mouvements.
Comme une réponse à Baudelaire : « O Beauté! monstre énorme, effrayant, ingénu », ou un écho à la Danse de la sorcière de Mary Wigman, un solo d’une grande intensité et d’une intégrité sans détour.

Dominique CREBASSOL